Fast fashion vs Slow fashion

Fast fashion et Slow fashion : deux concepts que l’on peut très souvent entendre dans le monde de l’industrie textile. Mais à quoi correspondent t’ils réellement ?

FACE A : La Fast fashion

La Fast fashion, un terme qui ne vous êtes peut-être pas familier et pourtant, nous avons tous été, au moins une fois dans notre vie de consommateur, acteur de ce concept. L’anglicisme de ce terme ne saurait embellir ce qu’il représente. Ces quelques lignes ne sont en aucun cas un moyen implicite pour dénoncer les industries ou autres consommateurs, mais simplement pour essayer de sensibiliser chacun de nous.

La Fast fashion, ou mode éphémère, rapide, désigne une pratique visant à renouveler le plus rapidement possible les collections. Les enseignes pouvant atteindre de 12 à plus de 20 collections différentes par années. Vous l’aurez compris, ici les marques diminuent leur stock, ne cesse de veiller sur les nouvelles micro-tendances des défilés de mode, pour proposer, au fil de l’année, de nouvelles gammes à la pointe des tendances et à de faibles coûts. Et oui, innover pour susciter l’intérêt des consommateurs est une théorie qui s’applique à la pratique, et qui fonctionne.

Ça y est, le concept de « Fast fashion » ne vous est à présent plus inconnu. « D’accord, mais est-ce que c’est vraiment grave, après tout cela reste des bouts de tissus… ». Certes, mais prenons quelques chiffres pour comprendre que finalement, ces bouts de tissus ne sont pas si anodins. Accrochez-vous.

1,2 milliards de tonnes de gaz à effet de serre, c’est la quantité émise chaque année par l’industrie de la mode d’après une étude de l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie). En passant, cette quantité dépasse donc celle émise par l’ensemble du trafic aérien et maritime réunis. Nous pourrions nous arrêter sur ce simple chiffre pour comprendre la gravité de la situation engendrée par l’industrie textile, mais nous allons plutôt continuer.

4 % de l’eau potable de la planète, c’est la quantité d’eau consommée pour produire nos vêtements, d’après une étude de la fondation MacArthur. Ce chiffre prend en notamment en compte la quantité d’eau nécessaire à la production de coton (qui représente 70 % de la production textile dans le monde) ainsi que celle pour la teinture des vêtements. Chaque jour près de 11 milliards de litres d’eau sont utilisés pour les teintures textiles, auxquels s’ajoutent l’ensemble des produits chimiques. Une étude de la Banque mondiale, réalisée en 2015 (pensez donc que les chiffres ont encore augmenter), l’industrie textile représente près de 20 % de la pollution d’eau dans le monde.

La fast Fashion n’est pas gratuite. Quelque part, quelqu’un est en train d’en payer les frais
- Lucy Siegle

Cette image vous dit quelque chose ? Si je vous dis Rana Plaza, Bengladesh, 2013 ? Un événement tragique qui a permis de mettre le doigt sur une situation alarmante, la « face cachée » de l’industrie de la mode et plus particulièrement de la Fast fashion. L’effondrement du bâtiment du Rana Plaza, qui était utilisé comme usine de production textile par les géants du prêt -à-porter, alors qu’il n’était en aucun cas apte à accueillir tous ces ateliers de confection. Résultat : 1127 ouvriers trouvent la mort en ce 24 avril 2013. C’est à partir de cette date que l’on a commencé à penser qu’il était temps de mettre un terme ou du moins essayer de ralentir la Fast fashion. 

On peut malheureusement rapidement se rendre compte de la raison de cet accident en observant ce graphique :

Vous l’avez compris, la Fast fashion c’est : produire plus, plus rapidement, et vendre aux prix les plus bas possible. Pour résoudre cette équation, les industriels ont bien compris qu’il fallait se tourner vers des pays où le coût de la main d’oeuvre est le plus faible comme le Bangladesh par exemple.
Entasser des centaines d’ouvriers dans des conditions précaires et dans des ateliers inadaptés.

La Fast fashion n’est donc pas seulement néfaste pour l’environnement, son impact est également très nocive à l’humain. Les valeurs que prônent certains industriels du prêt-à-porter sont en effet souvent loin d’être respectées. 

Notre équipe de rédaction tenez tout particulièrement à écrire ces quelques mots, de par la gravité de la situation et l’importance qu’il y a à changer, rapidement nos mentalités de consommateurs. En effet d’après une étude de Global Fashion Agenda & The Boston Consulting Groupe et la Fondaction MacArthur, l’industrie du textile pourrait, en 2050, représenter 26 % des émissions de gaz à effet de serre avec une augmentation de la consommation de plus de 60 % d’ici 2030.

FACE B : La Slow fashion

Passons maintenant du côté optimiste de la rédaction et déroulons la Face B : celle dédiée à la Slow fashion. 

Vous l’aurez compris la consommation effrénée de vêtements et la relève périodique des collections ne doivent plus être des tendances observées dans l’industrie du textile. La révolution de la mode est en marche, à nous de rejoindre le mouvement et de suivre une voie plus vertueuse : celle de la Slow fashion.

En opposition à la Fast fashion, la slow fashion préconise une fabrication respectueuse de l’environnement, des animaux et des personnes qui travaillent sur la chaîne de production. Ok, mais ça veut dire quoi concrètement ? Ce mouvement implique des artisans locaux et une utilisation de matériaux respectueux, donc des matériaux moins dangereux pour notre santé, moins polluants et le tout dans une logique d’économie circulaire. La Slow fashion fournit tout simplement de la valeur aux différentes parties prenantes (producteurs/consommateurs) et favorise un mode de vie plus éthique et durable.

L’avènement de ce mouvement a été observé dans de nombreuses industries. Le concept de slow fashion emprunte notamment beaucoup au mouvement du « slow food ». Ce dernier lie le plaisir et la nourriture à la conscience et à la responsabilité. C’est ainsi que nous pouvons, à notre échelle, défendre la biodiversité de notre alimentation (et de notre patrimoine, en tant que bon français). Cette foule de « slow » va encore plus loin. Nous parlons même aujourd’hui de « slow cities » pour défendre la qualité de vie des citoyens du monde en incitant à la déconnexion, la végétalisation et d’autres termes en « ion ».

 

C’est indéniable : de plus en plus de monde s’intéresse à cette alternative. D’ailleurs, une étude du Forum mondial des droits de l’Homme indique que nous sommes 62 % à souhaiter une meilleure information sur les conditions de production des vêtements que nous portons. Nous avons décidé, avec ce nouvel article, de vous aider à franchir le cap et quitter le côté obscur de la force. Voici donc les conseils de la rédaction, des conseils faciles à appliquer pour devenir un(e) vrai(e) slow fashionista. 

1/ Trier ses vêtements 

Et oui ceci est une étape douloureuse mais arrêtons de nous voiler la face : nous n’avons besoin que du nécessaire donc séparons nous de ce que nous ne mettons pas ou plus. Et non, le jean mauve qui traîne dans notre penderie depuis son achat mais qu’on espère enfiler un jour pendant un concert de Pink n’est pas réellement nécessaire.. 

2/ Prendre soin de ses affaires

Nous nous dirigeons vers les magasins quand nous avons besoin d’un renouvellement et que certaines de nos affaires ont triste mine (ou pour un craquage, certes). Et si nous en prenions soin ? Cela nous éviterait peut-être de troquer notre énième paire de chaussettes trouées contre une nouvelle. 

3/ Donner/revendre plutôt que jeter

Pensons circulaire et profitons des solutions que nous avons tous à porter de main : donnons nos vêtements, échangeons, troquons, réparons, recyclons ou bien revendons pour profiter encore plus du prochain achat.

4/ Combattre l’achat compulsif et l’achat en ligne

Il s’agit ici de ralentir le rythme. Nous n’avons pas forcément besoin d’une session shopping pour se sentir mieux : une bonne bière peut aussi faire l’affaire. Idem pour les achats en ligne. Ok c’est une solution arrangeante mais qui dit e-commerce dit sur-emballage, transport et touti quanti. 

5/ Penser local 

« Tu as vu ce super slip ? C’est un cadeau de ma belle-mère, apparemment elle l’aurait déniché au Slip français ». Le Made In France a le vent en poupe et c’est tant mieux car c’est de loin l’option la plus « verte ». Pour comprendre la provenance de vos vêtements, checker le numéro 8/. Pour aller plus loin, découvrez notre premier article (Face A, le jour d’après).

6/ Privilégier les basics et le vintage

Et oui, au moins vous vous assurez de porter vos achats. Les classiques sont par définition indémodables. Le vintage est en option mais vous rajoutez une valeur « sentimentale » à vos pièces… Des pièces déjà portées, mais d’une vraie qualité puisqu’elles ont déjà duré dans le temps. 

7/ Découvrir ou re-découvrir la location

A mais parce qu’on peut louer des vêtements ? Tout est possible ! Les marques qui proposent des services de location sont de plus en plus nombreuses. Typiquement, Urban Outfitters a lancé « Nuuly », une plateforme de loc à destination des clients soucieux de consommer de manière responsable. 

8/ Décrypter les étiquettes

Encore une fois, la tâche n’est pas simple et pourtant beaucoup d’informations se cachent derrière cette fameuse étiquette et notamment, la provenance du vêtement et sa composition. Il est important de conscientiser nos achats et réviser notre conception du bas prix. Derrière les t-shirts Primark à 2€ se cachent un coût colossal pour les animaux, l’environnement et les employées de la marque. Nous n’avons pas de recettes magiques pour le coup mais nous vous conseillons de télécharger le Yuka de la mode : « Clear Fashion » ou l’application qui décrypte vos étiquettes.

Petit + : réduire le nombre de lessives. 

Avec ça, vous êtes parés. 
Si comme nous, vous vous êtes toujours demandé d’où pouvait bien venir l’expression « Changer d’avis comme de chemise », il est temps de lui donner un nouveau sens. Allons droit à la décision et minimisons le nombre de nos chemises (où laissons là belle et bien tomber comme dirait Zebda). 

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